Conflit russo-ukrainien : La position du Sénégal a-t-elle évolué ?

INTERNATIONAL : Une semaine après le démarrage de l’offensive russe en Ukraine, l’Assemblée générale des Nations unies a voté une résolution exigeant le Kremlin de cesser ses actions militaires. 141 pays ont voté en faveur de cette résolution alors que 38 dont 17 africains se sont abstenus.

Le Sénégal faisait partie des États africains abstentionnistes. Cette position avait surpris compte tenu de la proximité de Dakar avec les capitales occidentales. Mais Macky Sall avait expliqué que ce vote était en phase avec le principe de non-alignement du Sénégal. 

Certains observateurs y avaient décelé une démarche de sagesse pour éviter un parfum de confusion avec la position de l’Union africaine. Le chef de l’État sénégalais est depuis février le président en exercice de l’Organisation panafricaine. Tout alignement de son pays pour un camp ou pour un autre pourrait être perçu comme celui du continent. Qui ne veut surtout pas jouer un rôle de spectateur.

Pour le prouver, le président Sall s’est entretenu avec son homologue russe, Vladimir Poutine et s’est prononcé en faveur d’une trêve entre Moscou et Kiev. C’était une manière pour lui de dire que la voix de l’Afrique compte. La pertinence résidait dans le fait que le continent ne sera pas épargné par les conséquences économiques de cette guerre. Mais cette neutralité revendiquée par le Sénégal n’est pas du goût de ses partenaires de l’Ouest. 

Dans un entretien avec Dakaractu, l’ambassadeur d’Ukraine à Dakar, Yurii Pyvovarov n’a pas caché son souhait de voir les lignes bouger en faveur de son pays même s’il dit comprendre les autorités sénégalaises. Vingt-quatre heures après, il se fait gronder par le ministre sénégalais des Affaires étrangères pour avoir été à l’origine d’un enrôlement de Sénégalais pour combattre aux côtés de la légion internationale de défense territoriale. 

Mardi 22 mars, le ministre sénégalais de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale reçoit le secrétaire d’État au ministère allemand de la Coopération économique et du Développement, dans le cadre des relations bilatérales entre les deux pays. Jochen Flasbarth profite de l’occasion pour inviter le Sénégal à se positionner clairement. Pour l’officiel allemand, notre pays doit accompagner toutes les initiatives de l’Onu en vue de contribuer à une fin rapide de la guerre. 

Deux jours après ce plaidoyer, l’Assemblée générale des Nations-Unies se réunit à nouveau pour voter une nouvelle résolution non contraignante exigeant de la Russie un arrêt immédiat de la guerre en Ukraine et la protection complète des civils –personnel humanitaires, journalistes, femme et enfants. Le texte présenté par l’Ukraine et travaillé par la France et le Mexique rencontre l’assentiment de 140 pays, parmi lesquels…le Sénégal. 

Pour le moment, aucune explication n’a été fournie par les autorités sénégalaises pour justifier cette évolution. Rien ne l’y oblige d’autant que dans ce conflit, les pays se positionnent en fonction de leurs intérêts. 

Recevant le directeur de la Banque mondiale, le président de la République a appelé les partenaires internationaux à aider l’Afrique à faire face aux conséquences de la guerre en Ukraine. Cet appel vise à débloquer les DTS, qui sont une sorte de monnaie créée par le Fonds monétaire international (FMI) pour aider à rembourser les obligations auprès de cette institution financière ou ajuster leurs réserves monétaires.

Selon le site arabnews lu à Dakaractu, 650 milliards de dollars avaient été dégagés à cet effet, dont 33 milliards réservés à l’Afrique. L’heure étant grave, l’Afrique et le Sénégal compte sur ses fonds pour faire face à cette crise à laquelle, il faut mettre un terme, selon le président du Sénégal. 

TW médias / Dakaractu.com

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