Le centre hospitalier de Ziguinchor à l’agonie

SANTÉ : A ce rythme, la dette que l’Etat a contractée au centre hospitalier régional de Ziguinchor a plongé la structure sanitaire dans le coma. Elle n’est plus capable d’honorer ses engagements. En plus, le centre hospitalier n’a pas de cardiologue, d’anesthésiste, de réanimateur, de néphrologue, d’urgentiste et d’ambulance médicalisée

Le centre hospitalier régional de Ziguinchor est un grand corps malade qui a besoin d’une véritable thérapie de choc. La structure sanitaire est sur le point de sombrer dans le coma à cause de la dette de l’Etat et de l’absence de médecins spécialistes. Le secrétaire général de la section Cnts de l’hôpital, Siméon N. Faye, estime les créances à 866 258 309 Fcfa. Sur cette somme, l’ardoise de l’Etat s’élève à 724 881 942 Fcfa. Du coup, l’hôpital peine à honorer ses charges. Ces créances qui ont fini de ralentir le fonctionnement de la structure sanitaire sont réparties comme suit: l’Etat doit 123 656 381 Fcfa dans le cadre du plan sésame, 64 186 395 Fcfa pour le plan sésame Ipres, 181 748 765 Fcfa pour les césariennes, 62 830 000 Fcfa pour les hémodialyses, 61 827 297 Fcfa pour l’union départementale des mutuelles de santé (CMU), 230 563 104 Fcfa pour le IB et 141 446 367 Fcfa pour les IPM. Le responsable indique également que la dette de l’Ipres au moins de juin est de 181 876 989 Fcfa mais l’hôpital doit à son tour pour ses cotisations sociales 64 millions. «L’hôpital n’est pas en mesure de prendre en charge son personnel parce que les recettes ne peuvent pas supporter les charges.

En plus, les tarifs de consultation sont bas parce qu’il faut prendre en compte la pauvreté de la population. L’hôpital a les tarifs les plus bas par rapport aux autres structures régionales», renseigne Siméon N Faye qui met ce problème de santé financière de l’hôpital sur le compte de l’Etat qui a failli à son devoir. Cette situation a mis les travailleurs de la structure hospitalière dans une précarité. «Les agents recrutés en 2003 à l’hôpital par le décret 74-347 n’ont jamais bénéficié d’avancement dans leur carrière. La majeure partie des 85 stagiaires sont dans une structure depuis maintenant près de 10 ans grâce à un mois de break, qui permet à l’administration de l’hôpital de les utiliser de manière continue», déplore Siméon Faye. Selon lui, le personnel contractuel n’a pas une prise en charge médicale adéquate par l’hôpital qui ne dispose pas d’une IPM depuis sa création. En sus, dit-il, «78 parmi ces agents contractuels ne bénéficient pas de la motivation Nepad. Les heures supplémentaires ne sont payées au personnel contractuel qu’annuellement pour un montant en moyenne de 50 000 Fcfa par agent.»

A en croire Siméon N. Faye, des agents retraités n’ont pas perçu leurs pensions de retraite faute de cotisation de l’hôpital à l’Ipres.

MANQUE DE CARDIOLOGUE, D’ANESTHESISTE, DE REANIMATEUR, DE NEPHROLOGUE… 

Le centre hospitalier de Ziguinchor souffre également d’un manque de médecins spécialistes. «L’hôpital n’a pas de cardiologue, d’anesthésiste, de réanimateur, de néphrologue et d’urgentiste. L’hôpital n’a pas aussi d’ambulance médicalisée d’où nos difficultés d’évacuer des malades», dénonce le responsable syndical. Malgré les difficultés d’honorer ses charges, Siméon. Faye pense que le déficit de personnel est notoire. Il reproche à l’Etat de n’y avoir pas affecté assez d’agents malgré ses recrutements. «Sur les 28 médecins, seuls 16 sont des fonctionnaires dont 03 de Cobra, les 12 sont des contractuels. Le personnel paramédical est de 147 agents. 95 sont des contractuels et 52 des agents de l’Etat. Pour les 99 agents qui constituent le personnel administratif d’appoint, seuls 19 agents sont des fonctionnaires dont 02 COBRA, les 80 agents sont des contractuels. A cela s’ajoutent les 85 stagiaires et des contractuels de l’hôpital», souligne M. Faye.

Au total, l’Etat n’a recruté que 87 agents contre 187 contractuels en plus des 85 stagiaires.

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