Mankoo lève les boucliers

Suspicions sur la gestion du fichier et de la carte électorale, utilisation envisagée d’abris provisoires comme lieux de vote

La coalition Mankoo Taxawu Senegaal de Khalifa Sall s’en va en guerre contre la fiabilité du fichier électoral et la maitrise de la carte électorale. En conférence de presse organisée hier, mardi 18 juillet, les membres de sa commission nationale en charge des opérations électorales ont dénoncé « la gestion solitaire, vicieuse et dictatoriale du fichier électoral et de la carte électorale » par les services du ministère de l’Intérieur et de la sécurité publique. Non sans indexer entre autres griefs l’utilisation d’abris provisoires comme lieux de vote dans des zones comme Pikine.

Décidément, les suspicions qui planent sur le processus électoral depuis la décision de l’Etat de la refonte du fichier électoral n’ont pas fini de s’emparer de la classe politique, en particulier de l’opposition sénégalaise. A plus d’une semaine du démarrage officiel de la campagne électorale pour les législatives, c’est la coalition Mankoo Taxawu Senegaal de Khalifa Sall, d’Idrissa Seck et autre Malick Gakou qui prend les devants pour dénoncer la manière dont l’Etat, par ministère de l’Intérieur et démembrements interposés, administre le processus électoral devant régenter le renouvellement de l’Assemblée nationale.  Au cours d’une conférence de presse organisée à Dakar hier, mardi 18 juillet, les membres de la commission nationale en charge des opérations électorales de Mankoo Taxawu Senegaal se sont attaqués à la gestion dite « solitaire, vicieuse et dictatoriale du fichier électoral et de la carte électorale ». Ass Babacar Guèye, le coordonnateur de la Commission en question, entouré d’autres membres de la coalition comme Songo Matar Ndiaye ont fustigé la démarche des services du ministère de l’Intérieur et de la sécurité publique dans cette affaire, en affirmant qu’ « aujourd’hui encore, les vieilles pratiques refont surface.

Pour cause, a noté Ass Babacar Guèye, « En application des dispositions réglementaires des articles L11 et L66 du Code électoral, la carte électorale devrait être à la disposition des listes de candidatures depuis le 29 juin, c’est-à-dire 30 jours avant le scrutin. Mais en lieu et place, nous sommes renvoyés auprès des préfets, sous-préfets et maires pour disposer de manière fractionnée dudit document ». Pis, dira la commission en charge des opérations électorales de la coalition Mankoo Taxawu Senegaal, en ce qui concerne le fichier électoral, « la liste des électeurs par bureau de vote devait être remise quinze jours au moins avant la date du scrutin aux candidats ».

La non disponibilité de ces documents, depuis le vendredi 14 juillet, a donc fini de cristalliser les suspicions autour de Mankoo Taxawu Senegaal.
Allant même plus loin, la coalition Mts a listé les diverses « bizarreries » relevées dans la gestion de la carte électorale. A ce niveau les membres de la commission ont particulièrement pointé du doigt l’utilisation d’abris provisoires comme lieux de vote dans le département de Pikine. Pour autant, Ass Babacar Guèye et cie se sont demandés : « Qu’est ce qui explique le taux élevé d’abris provisoires dans le département de Pikine, banlieue la plus proche de Dakar, la capitale, avec 301 abris provisoires sur un total de bureaux de vote égal à 953, c’est-à-dire un taux de 32 % d’abris provisoires ? Alors que Pikine est loin de manquer d’écoles et autres structures en dur pouvant abriter des bureaux ? ».
Autre grief de taille : l’écart entre les chiffres réels et ceux avancés par les pouvoirs publics. Ass Babacar Guèye dira à ce niveau : « L’exploitation de la carte électorale par nos informaticiens, avec le cumul des inscrits des différents bureaux nous donne les informations suivantes : 5 973 178 inscrits au niveau national, 267 356 inscrits au niveau des 40 pays des 08 départements de la diaspora. Ce qui nous donne exactement un cumul de 6 240 537 électeurs. Donc, avec une différence de quelques 40 537 électeurs par rapport au chiffre avancé par la DAF ». Autant de constatations qui ont fini d’indisposer la coalition de Khalifa Sall et cie au point de la pousser à sonner l’alerte, à quelques encablures du scrutin. Quitte à sommer toutes les autres coalitions de l’opposition ainsi que la société civile à « la mise sur pied d’un large front pour la régularité et la transparence du processus pour garantir un climat de paix, gage d’une bonne organisation du scrutin du 30 juillet 2017 ».
T W / Politique

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