Médiation de la CENA face à la pléthore de liste

Opposition et pouvoir à couteaux tirés….

Les acteurs politiques semblent peiner à accorder leurs violons pour un bon déroulement du scrutin, face à la pléthore de listes (47 au total). L’espoir placé sur la Commission électorale nationale autonome (Cena) par le chef de l’Etat, Macky Sall, le jour de la Korité, notamment de chercher avec les acteurs politiques les convergences à même de trouver un «modus operandi» permettant aux citoyens d’exercer leur devoir civique sans grande entrave, ne rencontre pas l’assentiment de tous les acteurs. Ou du moins, c’est le cas du plénipotentiaire de la liste de la Coalition gagnante Wattu Sénégal, Sada Ndiaye qui trouve que la mission de la Cena n’est pas de faire de la médiation, tout en rejetant la faute sur le président Macky Sall et le ministre de l’intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo. De son côté, le mandataire de Benno Bokk Yakaar, Benoit Sambou pense plutôt que la Cena a toujours joué ce rôle de médiation, non sans préciser que c’est elle même qui s’est proposée de trouver une solution. D’ailleurs, une rencontre entre les différents plénipotentiaires, est prévue dans ce sens ce vendredi.

Décidément, ces élections législatives du 30 juillet prochain sont parties pour être enregistrées, à jamais dans les annales de l’histoire électorale du pays. En effet, face à la multitude des listes en compétition pour la députation, les acteurs politiques peinent toujours à trouver un consensus devant permettre un bon déroulement du scrutin. La sortie du président de la République, Macky Sall, le jour de la Korité, espérant que la Commission électorale nationale autonome (Cena), de concert avec les acteurs politiques, parvienne à trouver la bonne formule afin de permettre aux populations d’exercer pleinement leur devoir civique, est diversement appréciée par la mouvance présidentielle et l’opposition.

Interpellé par la rédaction de Sud Quotidien, au lendemain de la sortie du Président Macky Sall, le plénipotentiaire de la Coalition gagnante Wattu Sénégal, dirigée par l’ancien Président Abdoulaye Wade, n’épouse pas l’idée émise par le chef de l’Etat. De l’avis de Sada Ndiaye, membre du Parti démocratique sénégalais (Pds), «il y a une très grande méconnaissance du chef de l’Etat du processus électoral». En effet, M. Ndiaye reste convaincu que le rôle de la Cena «n’est pas de faire de la médiation». Pour lui, les vraies missions de ladite commission, c’est d’appliquer la loi électorale et de veiller à sa bonne application. Donc, «vous ne verrez nulle part dans le Code électoral où on assigne cette mission de médiation, de conciliation à la Cena», défie-t-il.

Au contraire, Sada Ndiaye rejette la faute sur le chef de l’Etat, Macky Sall et le ministre de l’intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo, qu’il continue d’ailleurs à récuser. Le maire de Nguidjilone, pense ainsi que la situation actuelle n’est rien d’autre que le résultat «des effets pervers de la gestion solitaire du processus électoral» par les personnes citées ci-dessus. Qui plus est, il accuse la mouvance présidentielle d’être à l’origine de ce «foisonnement de listes». Parce que, la loi n’a pas été appliquée dans toute sa rigueur, déplore-t-il. Donc, à son avis, «ils (l’Apr et ses alliés) ont été trop tolérants. Ils ont laissé les gens corriger, rectifier, pour être à jour». Par conséquent, Abdoulaye Wade et ses alliés semblent dire au pouvoir de se débrouiller seul, car Sada Ndiaye indique clairement que la Cena n’a aucune compétence pour convier les acteurs à une négociation. Il pense, en fait, «qu’il ne faut pas qu’on confonde les rôles qu’on donne à la Cena».

La mouvance présidentielle, ici, représentée par le mandataire de la liste de la coalition Benno Bokk Yakaar, précise tout d’abord que la Cena n’a nullement été sollicité par le chef de l’Etat pour jouer à la médiation. En effet, Benoit Sambou laisse entendre que le Président Macky Sall a juste salué la décision prise par la Cena de trouver, avec les acteurs politiques, une solution face à ce problème. Pour lui, ladite commission électorale agit à l’image de la Société civile qui a elle aussi émise un certain nombre de propositions et a procédé à des séminaires sur la question. Donc, pour lui, la sortie du Président Macky Sall n’a rien d’une interpellation de la structure dirigée par Doudou Ndir. Toutefois, le ministre conseiller pense que la Cena peut bel et bien jouer ce rôle de médiateur. D’autant plus que, à son avis, ladite structure a été «arbitre» tout au long du processus de révision du Code électoral qu’elle a supervisé. Il reste, toutefois, convaincu que la Cena peut bien aider les acteurs politiques à trouver un consensus pour un bon déroulement du scrutin, le 30 juillet prochain.

MODOU DIAGNE FADA TETE DE LA LISTE MANKOO YEESSAL SENEGAL : «Je ne dis jamais non à une concertation, surtout…»
«En ce qui nous concerne, je voudrais d’abord dire que c’est la majorité qui est responsable de cette situation. Parce que, c’est elle qui a refusé une proposition pertinente de l’ensemble des segments de l’opposition, lors des concertations autour de la révision du Code électoral. En ce moment là, l’opposition dans son ensemble avait proposé le bulletin unique. Ce qui serait la meilleure solution contre la pléthore de listes. Parce que, si on avait le bulletin unique, aujourd’hui on allait avoir au maximum 2 pages sur lesquelles on aurait les photos des têtes de liste et les partis et coalitions en lice. Ce qui serait plus facile pour l’électeur de faire son choix à l’intérieur de l’isoloir. La majorité n’avait voulu rien entendre et a voulu rester à la formule ancienne alors que c’est une formule qui est dépassée dans toute la sous-région.
Maintenant, je ne dis jamais non à une concertation, surtout électorale, technique autour de la Commission électorale autonome. Mais, ça va être extrêmement difficile de trouver un consensus qui ne foulerait pas au pied le Code électoral. Le Code électoral est une loi que nous devons tous respecter. Ce ne serait pas une médiation, mais plutôt pour trouver un consensus. Si la Cena propose une formule qui respecterait le Code électorale, et qui serait acceptée par les acteurs politiques, nous, on n’y voit pas d’inconvénients. Mais, il ne s’agira pas de dire qu’on va demander à l’électeur de prendre 5 bulletins. Non, ça ce n’est pas une bonne proposition. On ne peut pas accepter que l’électeur soit obligé de prendre seulement 5 bulletins. En ce moment là, on foulerait au pied les dispositions du Code électoral».
T W / Politique

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