Meurtre de George Floyd: un véritable crime contre l’humanité…

CONTRIBUTIONS : Personne ne pouvait imaginer qu’en ce 21ème siècle, un homme serait capable de tuer son prochain en l’étouffant de son genou. Au moment où les gens cherchent des procédés plus doux pour abattre les animaux, est-il tolérable de vivre une scène de cette nature dans le pays qu’on considérait comme la plus grande démocratie du monde ?

Quand on s’appelle l’Amérique, on peut certes se permettre de faire fonctionner une démocratie à plusieurs variantes et à vitesses sélectives. La variable raciale est, sous ce rapport, la plus déterminante sans doute dans la classification sociale. Elle se manifeste de façon plus cynique, plus cruelle et plus pernicieuse et plus permanente que ce qu’on appelle « l’ethnicisme » sous les tropiques. Lequel ne s’exprime souvent qu’en périodes électorales et selon les usages qu’en font certains hommes politiques. Dans ce cas, il s’agit moins d’un système que de pratiques isolées mais tout aussi condamnables.

S’il y a des crimes qui mériteraient d’être traduits au tribunal international, c’est bien ceux commis, « au nom de la loi » par ceux-là mêmes qui en sont les garants. Le crime commis froidement par Chauvin sur George Floyd, un homme menotté donc neutralisé et sans défense est, à cet égard inqualifiable. Tout simplement parce que George Floyd est un noir, desservi dès la naissance par sa couleur, privé de ses droits élémentaires de citoyen et exposé, malgré lui, à toutes les déviances. Un homme sans droit mais victime de ses devoirs.

Dans ce pays, réussir en tant que noir relève du miracle et constitue une exception là où la réussite du blanc est la règle absolue. Dans la plus grande démocratie, le noir est né pour échouer tandis que le blanc est fait pour réussir. C’est, en tout cas, ce qu’on essaie d’imposer comme une loi de la nature ou tout simplement comme une sélection naturelle. Le système fonctionne ainsi et personne ne semble vouloir ou pouvoir le remettre en cause. Que de victimes sur le chemin de la liberté et de la justice !!!

L’acte commis par le policier américain, s’il ne constitue pas un crime contre l’humanité, s’y apparente à tous égards. Un crime contre l’humanité ne se juge pas simplement au nombre de victimes comme au Rwanda. Il s’apprécie aussi à la gravité de l’acte commis. Dans ce cas précis, il ne s’agit pas de l’avis de la victime contre celui du bourreau. Le jugement n’a pas besoin d’être fait. Il l’a été par la vidéo et le constat de l’opinion internationale qui, cette fois, ne se fera pas embarquer dans des considérations juridico-administratives. On ne peut évoquer ni légitime défense, ni droit de protection. Il s’agit d’un crime en direct comme on en voit souvent dans les films d’horreur.

Chaque américain épris de justice, chaque citoyen du monde, chaque être humain doué de raison, se voit comme une victime à travers cet acte odieux. Par la mondialisation, ils sont tous devenus des George Floyd et revendiquent tous, genou à terre, leur statut de victimes.
Nous le savons bien. Aucun fils d’Amérique ne peut être jugé au tribunal pénal international, selon une disposition qui empêche le procès des citoyens américains à l’étranger. Les États-Unis, n’étant pas partie au Statut de Rome de la Cour, contestent la compétence de la CPI pour juger les ressortissants de pays non membres. La communauté internationale n’ira pas jusqu’à demander l’extradition du policier Chauvin au CPI. Elle n’en a ni les compétences ni les moyens.

Toutefois, la communauté internationale peut s’arroger le droit d’inviter la justice américaine à trancher au plus vite ce cas flagrant d’attentat à la vie d’autrui. Elle lui fait entièrement confiance au nom de la séparation des pouvoirs. Et très certainement les juges américains vont honorer leur robe et leur réputation. Mais, la seule désapprobation de ce crime par la presque totalité des citoyens du monde ne suffit-elle pas pour valider la condamnation de la communauté internationale de cet acte odieux ?

Par Mamadou Kassé, Journaliste
madoukasse@yahoo.fr

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