Militaires ivoiriens détenus au Mali : Darmanin évoque une “prise d’otages”

Le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin a affirmé mardi, lors d’une visite à Abidjan, que Paris était « indigné » par le sort des 46 soldats ivoiriens emprisonnés au Mali depuis début juillet, qualifiant la situation de « prise d’otages ».

« Nous sommes indignés par la prise d’otage des militaires ivoiriens au Mali » a déclaré mardi soir M. Darmanin devant plusieurs journalistes.

« Notre soutien est total auprès du gouvernement de la Côte d’Ivoire pour ces soldats qui sont aujourd’hui emprisonnés », avait-il souligné plus tôt dans la journée, à l’issue d’une rencontre avec le président ivoirien Alassane Ouattara.

La question des 46 soldats accusés par Bamako d’être des « mercenaires » et écroués nourrit une vive querelle diplomatique entre la Côte d’Ivoire et le Mali.

Abidjan assure qu’ils devaient participer à la sécurité du contingent allemand des Casques bleus au Mali, et réclame, comme l’ONU, leur libération immédiate.

Les relations entre le Mali et ses partenaires sous-régionaux et occidentaux se sont progressivement dégradées depuis le putsch de 2020 qui a placé une junte militaire au pouvoir.

Bamako s’est détourné de la France avec acrimonie et a vigoureusement réactivé ses liens historiques avec Moscou pour tenter d’endiguer la propagation jihadiste qui ravage le pays.

Lors de sa visite en Côte d’Ivoire, le ministre français s’est aussi rendu à l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) de Jacqueville, près d’Abidjan.

« La France et la Côte d’Ivoire sont très engagées dans la lutte contre le terrorisme. Nous devons continuer à aider évidemment, pour la stabilité de l’Afrique », a-t-il dit.

Outre la lutte contre le terrorisme, la coopération entre la France et la Côte d’Ivoire sur les questions de sécurité concerne également l’accompagnement de la police et de la gendarmerie notamment dans la lutte contre la cybercriminalité et les potentielles attaques au drone, selon le ministère.

Darmanin a par ailleurs évoqué les possibilités d’aide de la France pour les « grands événements sportifs », rappelant que la Côte d’Ivoire organisera la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en janvier 2024.

Il s’est entretenu dans l’après-midi avec son homologue ivoirien Vagondo Diomandé et le ministre de la Défense Téné Birahima Ouattara, et devait quitter Abidjan en fin de soirée.

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