[ AUDIO ] Pourquoi la léthargie de la musique casamançaise

CONTRIBUTIONS : La Casamance qui a offert au Sénégal et à l’Afrique de grands groupes et de grands noms semble avoir perdu du terrain sur le plan musical alors que la région regorge de talents et possibilités artistiques. Il est temps que les musiciens reprennent leur place sur l’échiquier national.

La Casamance, dans son ensemble, nous avait habitué à faire connaissance avec de grandes figures de la musique. Elle a donné des groupes comme l’UCAS Band, les Touré Kunda, le groupe Fogny entre autres qui ont révolutionné la musique sénégalaise et apporté une touche originale, puisée des fonds des cultures des terroirs. Facoly, en son temps, avait aussi imposé une musique qui puisait dans les traditions casamançaise et Fafadi avait réussi à donner une touche casamançaise à la chanson rap qui cherchait sa voie. Et je ne parle même pas de Lalo Keba Dramé, de Soundioulou Cissokho et de Mahawa Kouyaté entre autres. Le Festival des Musiques Urbaines de Bignona essaie de valoriser la richesse des cultures de la région tout en promouvant les musiques dites urbaines.

Avec ces groupes mythiques qui ont exporté les cultures de la Casamance en Afrique et dans le monde, ont fait les plus grandes scènes du monde, on avait pu rompre avec la monotonie et la tyrannie imposée par le mbalakh qui avait fini de s’imposer comme la musique dite sénégalaise. On avait aussi entendu chanter dans d’autres langues. Ce qui conforte l’idée selon laquelle toutes les cultures et toutes les langues méritent d’être valorisées. Alors que les autres terroirs avaient leur propre originalité et pouvaient proposer des sonorités nouvelles qui méritaient aussi d’être mises au-devant de la scène.

Cependant, on voit une certaine léthargie de ces groupes ou de ces artistes qui montraient les facettes inexplorées de cette partie du pays qui est la concentration de la richesse et de la diversité du patrimoine culturel sénégalais. On y retrouve toutes les ethnies, toutes les langues. Ce qui entraine un large spectre de possibilités pour les musiciens qui vont à la recherche de sonorités nouvelles.

Il y a certes de jeunes artistes qui ont, chacun en son temps, tenté d’éclore, cependant la constance a manqué et très vite, les gens se sont orientés vers de nouveaux horizons musicaux délaissant parfois ce qui faisait leur originalité.

Les musiciens ne peuvent pas se permettre de demeurer des musiciens de circonstance, destinés à animer des fêtes familiales ou villageoises, réduisant drastiquement leur public potentiel. Ils doivent dépasser ce stade et conquérir les espaces plus grands qui ont besoin d’entendre de nouvelles choses.

De nouvelles têtes émergent comme Elzo Jambadon ou Ango Essamay. Mais ces jeunes musiciens devraient être accompagnés par la mise en place de studios d’enregistrement, de structures d’accompagnement et de salles de spectacle entre autres. En tout cas, le combat du retour des musiques casamançaises mérite d’être mené.

Mamadou DRAME

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